Confinement ou non, le Sport-études, c'est ce qu'on est! | Alliance Sport-Études

En confinement, les étudiants-athlètes carburent toujours aux défis et s’assurent de remplir leurs objectifs pour être fin prêts lorsque les activités régulières reprendront. Si leur quotidien est ponctué de choses qu’ils n’auraient pas jugées possibles il y a quelques mois à peine, ils demeurent disciplinés tant à l’école qu’à l’entraînement à travers cette crise sanitaire.

Le triathlète Zed Roy, étudiant en sciences humaines (volet administration) au Cégep Édouard-Montpetit, commence encore ses journées avec un bon café. Ses entraînements matinaux de vélo se font toutefois plus souvent à l’intérieur, à l’aide du simulateur Zwift.

« Ça permet quand même de se garder motivé de rouler avec ses coéquipiers ou avec d’autre monde et d’être capable de courser. C’est le plus proche qu’on aura d’une vraie course probablement pour un petit bout, a-t-il dit deux heures avant de se lancer dans une épreuve virtuelle de 15 km. J’avais déjà essayé Zwift une fois, mais je ne voyais pas la pertinence dans mon quotidien. Maintenant, c’est juste pour avoir le petit thrill de la compétition et pour briser la monotonie. »

 

Cette pause de compétition lui permet aussi de revenir à la base et de récupérer plus rapidement. « Pour la course à pied, ça m’a surtout rappelé pourquoi j’aimais ce sport-là et pourquoi c’était mon préféré des trois », relativise celui qui terminait sa première année de compétition chez les seniors.

D’un autre côté, si la course à pied demeure une bonne option d’entraînement ces temps-ci, cela force tout de même plusieurs athlètes à s’adapter. Notamment, la nageuse artistique Mégan Destremps a dû troquer le maillot et le pince-nez pour les chaussures de course et le vélo pour remplir les quotas d’entraînement demandés par les entraîneurs.

Celle qui complète une session au Cégep de Sherbrooke en sciences humaines avant de se diriger vers les techniques policières est privée de piscine depuis déjà deux mois. Ses coéquipières et elle doivent se préparer autrement, tout en maintenant leur esprit d’équipe à distance.

« Ce qui est drôle, c’est que, sans nous consulter, nous avons toutes appris à faire un appui sur les mains », a-t-elle dit en admettant vivre une situation plus difficile, car aucun entraînement ne peut se comparer à ce qu’elle pouvait faire dans l’eau. » Nous n’aimons pas tant courir, mais nous n’avons pas eu le choix de nous mettre un peu à la course ou au vélo pour garder notre cardio. »

Du temps en famille

Zed Roy (et ses frères et sœurs) a pu tirer certains bénéfices de cette situation exceptionnelle puisque ses besoins à l’entraînement ont convaincu ses parents de finalement installer une thermopompe sur la piscine familiale à Longueuil. Il peut maintenant nager, accroché à une corde, sans avoir à se protéger du froid en plein mois d’avril, un scénario inespéré il y a quelques semaines à peine.

Il reçoit aussi l’appui de son frère et de ses deux sœurs qui l’accompagnent parfois à vélo lorsqu’il sort faire de la course à pied.

De son côté, le hockeyeur Gabriel Proulx, qui suivait des cours de finance à l’Université Concordia cette session-ci, passe lui aussi plus de temps en famille. Après l’annulation de la fin de sa dernière saison dans la LHJMQ, il a parcouru les quelque 640 km qui séparaient Baie-Comeau, où il jouait avec le Drakkar, et la maison de ses parents à Beloeil.

« J’étais ensuite revenu à Baie-Comeau pour aller chercher tout mon stock et la journée où ils annonçaient la fermeture des régions, j’ai dû paqueter le tout assez vite merci. J’étais à deux heures de route du bateau (NDLR la traverse Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine) », a raconté celui qui suivra son plan d’entraînement personnel à la maison cet été avant de rejoindre la formation des Stingers à l’automne.

 

Faire ses études à distance

Le temps supplémentaire passé à la maison permet aussi plus de flexibilité du côté des études.

Pour Gabriel Proulx, habitué à suivre des cours à distance depuis quelques années avec son équipe de hockey junior, un calendrier bien rempli lui permettait de mieux planifier son temps d’étude. Reprendre son emploi d’été chez Club Piscine l’a aidé à aiguiser sa concentration. Il a pu compléter ses derniers examens en ligne de chez lui.

« J’étais habitué d’avoir une petite routine. Dans le jour, c’était le hockey et le soir, c’était l’école. Sans hockey et avec moins d’entraînement, j’avais plus de misère à étudier. Mais quand j’ai recommencé à travailler, j’étais plus fatigué et j’avais moins de temps le soir, mais je le faisais et j’étais concentré. C’est ce qui s’est passé comme adaptation à la COVID. Ç’a bien été », a-t-il résumé.

Son temps a également été occupé par des travaux avec son père sur le terrain et par la poursuite de ses leçons de guitare. Et même à distance, le vétéran de trois saisons dans la LHJMQ est toujours disponible pour aider des coéquipiers à compléter leur session ou pour toute autre demande.

Le confinement a aussi forcé Zed Roy et Mégan Destremps à suivre tous leurs cours à distance d’ici la fin de la session d’hiver, ce qui constituait un autre défi.

« Un cours de mathématiques que tu dois t’enseigner toi-même, ce n’est pas super pratique, mais on se débrouille. Je n’ai jamais autant étudié de ma vie que durant le confinement », a avoué Zed Roy avec le sourire.

Mégan Destremps s’ennuie de ses coéquipières et garde une pensée pour tous les athlètes qui n’ont pu accomplir tout ce qu’ils prévoyaient cette année. Mais elle se tient prête pour la suite.

« J’essaie de me réveiller tôt et de garder une routine, a-t-elle expliqué. Je suis mes cours durant la journée et je m’entraîne avant le souper, pendant environ une heure et demie. Je fais de la course, du vélo et de la musculation avec ce que j’ai à la maison. C’est quand même accessible de s’entraîner hors du gymnase, même si j’ai très hâte que ça rouvre. »

Loin de se laisser abattre par cette crise, ces étudiants-athlètes sont toujours prêts à s’adapter à la situation et à rebondir pour accomplir leurs objectifs.

Propos recueillis par Émilie Bouchard Labonté de Sportcom pour l’Alliance Sport-Études