Continuer d’avancer malgré les obstacles | Alliance Sport-Études

La persévérance scolaire est l’un des ingrédients nécessaires à la réussite des étudiants-athlètes membres de l’Alliance sport-études. Au cours des onze derniers mois, elle a toutefois été mise à rude épreuve avec des cours donnés en visioconférence, l’absence d’entraînements organisés, l’annulation de compétitions et aussi, du simple plaisir de faire du sport avec ses coéquipiers.

Malgré ces défis, les étudiants-athlètes ont su rebondir et se servir de leur expérience pour continuer d’avancer dans leur cheminement. Marykim Dubois (hockey), Anthony D’Amours (hockey) et Yassine Aber (athlétisme) nous parlent de leur parcours en montagnes russes de la dernière année.

Foncer dans le hockey

Persévérante, Marikym Dubois l’était déjà à l’âge de cinq ans. Sans succès, elle tentait de convaincre ses parents de la laisser jouer au hockey. À sept ans, ils ont finalement accepté et la passion pour ce sport n’a fait que grandir pour la joueuse des Lynx du Cégep Édouard-Montpetit.

Sa définition de la persévérance ? « L’important, c’est son éthique de travail sans perdre de vue son objectif. Le tout, en donnant le meilleur de soi-même. »

Se donner à fond dans des cours en ligne, ça use et encore plus en période de confinement. L’étudiante en sciences de la nature (profil santé) a appris à s’accorder du temps pour elle afin de retrouver son souffle.

« On essaie de trouver de la motivation, mais tout ce qu’on voit dans nos cours, ce sont des vignettes Teams. […] Il faut y aller au jour le jour, voir comment on se sent et tout donner, même s’il y a de bonnes et de moins bonnes journées. »

Cela ne s’est toutefois pas fait du jour au lendemain. Alors qu’elle était en cinquième secondaire, la hockeyeuse a subi une commotion cérébrale. C’est dans son processus de retour à une vie normale qu’elle a appris à doser ses actions et son énergie.

« Mon parcours scolaire était alors en ligne droite et là, j’ai vu que l’on peut prendre des chemins différents pour aller du point A au point B. Parfois, tu veux pousser la machine, sauf qu’elle ne veut pas totalement suivre. […] Ça m’a pris neuf mois avant de recommencer à m’entraîner et j’ai manqué un mois et demi d’école. C’était difficile sur le moral, mais je n’ai jamais perdu mon objectif qui était de faire partie des Lynx. »

Celle qui qualifie le hockey comme une école de vie s’ennuie évidemment de ses coéquipières, mais elle ajoute que son entraîneure Marie-Ève Ruel fait un travail extraordinaire pour garder l’équipe soudée.

« Elle sait s’adapter à notre fatigue physique et mentale et elle met sur pied des méthodes afin que l’on continue à s’entraîner et s’encourager. Elle n’est pas juste une coach de hockey ; elle est aussi une coach de vie ! »

Un chapeau pour la technique, un autre pour l’Océanic

Anthony d’Amours est l’un des rares hockeyeurs de la LHJMQ à étudier dans le secteur technique au collégial. Le jeune homme poursuit son parcours scolaire en Technologie de mécanique industrielle au Cégep de Rimouski. Le joueur de l’Océanic de Rimouski a l’habitude d’être persévérant, lui qui a poursuivi son parcours scolaire tout en jouant aux quatre coins du Québec et des Maritimes.

Jongler avec les horaires, les cours à distance et les laboratoires, Anthony d’Amours le faisait déjà avant la pandémie. Par son assiduité au fil des sessions, il a su gagner la confiance de ses professeurs qui le lui rendent bien aujourd’hui.

« Faire ma technique, c’est compliqué, mais mes professeurs ont été bien ouverts avec moi. [..] Ils ont maintenant confiance en moi, ils savent à quoi s’attendre et je pense que je ne les déçois pas. Ils ont même enregistré des cours théoriques que j’ai pu écouter pour reprendre mes retards et arriver au laboratoire sans être désavantagé vis-à-vis les autres élèves. C’est une fierté pour moi ! J’aime ce que je fais et j’aime apprendre mon futur métier tout en jouant au hockey. »

C’est une fois arrivé au collégial que l’étudiant-athlète a vu que son parcours serait moins facile qu’au secondaire. « Partir sur la route deux fins de semaine de suite, il fallait que je me mette des horaires fixes afin de ne pas prendre de retard. Dans une technique, si tu perds deux semaines, ça va vite et ça peut mal aller pour ta session. »

Celui qui en est à sa dernière saison d’admissibilité dans la LHJMQ commencera à faire des stages en entreprise dès l’été prochain. Anthony d’Amours s’estime chanceux de jouer dans la bulle de la ligue et il souhaite obtenir son diplôme dans un an et demi.

L’expérience pour mieux rebondir

Yassine Aber avait la date des sélections olympiques canadiennes d’athlétisme de Montréal entourée à son agenda du mois de juin 2020. Tout a évidemment été chamboulé lorsque la pandémie a frappé le printemps dernier. « C’était une drôle d’année et personne n’a eu le temps de se préparer », explique le spécialiste du 800 mètres qui est membre du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke.

Il ne cache pas que ce fut difficile pour le sport avec l’interdiction d’accès à la piste, à la salle de musculation et aux groupes d’entraînement, même s’il a pu prendre part à quelques compétitions civiles en août.

L’étudiant en physique a eu un accident au début de son baccalauréat, ce qui a eu comme conséquence de lui faire manquer un mois de cours, en plus de ses examens de mi-session. Le jeune homme a donc dû mettre les bouchées doubles pour réussir au plan académique, sans délaisser le sport pour autant. De cet incident, il en retire encore des leçons aujourd’hui.

« La plus grande leçon, c’est que ça finit toujours par aller mieux, aussi difficile et intense que ça puisse paraître. Quand on est dedans, on ne le voit pas. (D’avoir vécu cela), ça m’aide au quotidien et ça m’a appris à rester dans le moment présent. Ça ne sert pas à grand-chose de penser au négatif qui s’en vient, car on n’a pas le contrôle là-dessus et ça ne fait que gruger de l’énergie. Il faut rester concentré sur mes actions et sur ce que je contrôle. »

La précieuse aide de l’Alliance sport-études

Les trois étudiants-athlètes sont unanimes : dans cette dernière année tumultueuse, la présence de l’Alliance sport-études a été capitale pour mener de front leurs objectifs scolaires et sportifs.

« Avec l’Alliance, c’est magnifique ! » lance tout de go Anthony D’Amours. « Le Cégep à distance, ça m’a permis d’ajouter des cours qui n’entraient pas dans mon horaire et ça m’aide à ne pas retarder mon parcours. À ma prochaine session, je n’aurai plus de cours de base et je pourrai me concentrer dans ma technique et commencer à faire des stages. »

Marikym Dubois et Yassine Aber ont quant à eux apprécié le côté personnalisé de leur relation avec l’organisation.

« Je suis en constante communication avec ma conseillère Jacynthe et ça m’aide vraiment à garder ma concentration sur ce que j’ai à faire, souligne Marikym Dubois. Il y a aussi les petits événements organisés par l’Alliance. C’était intéressant et on sent qu’elle est présente. On nous a donné de bons trucs. »

« Leur aide la plus importante, c’était qu’ils soient présents, croit Yassine Aber. Même si ce n’était pas comme ce que nous avions connu avant, ils nous envoyaient des messages et nous savions qu’ils étaient là pour nous. Cela a fait la différence pour nous », a conclu le coureur.

Texte de Mathieu Dauphinais de Sportcom pour l’Alliance Sport-Études