Laurence Beauregard, lutteuse et étudiante à l'université Concordia | Alliance Sport-Études

Nom : Laurence Beauregard
Âge : 21
Sport : Lutte
Lieu d’entraînement : Montréal
Établissement scolaire : Université Concordia
Programme d’études : Relations humaines
Meilleur résultat en carrière : Championne canadienne 2018, championne du monde universitaire 2018, vice-championne panaméricaine 2018

 

Tu as commencé la lutte alors que tu étais adolescente, qu’est-ce qui t’a mené vers ce sport?

Ma sœur a fait de la lutte tout au long de son secondaire et chaque année, son entraîneur me demandait de joindre l’équipe, mais comme je pratiquais déjà le soccer et la nage synchronisée, mon horaire ne me le permettait pas. En secondaire 4, quand j’ai arrêté la nage synchronisée, j’ai décidé d’essayer d’autres sports à l’école, dont la lutte. Je suis tombée en amour avec cette discipline et c’est devenu une grande passion.

Comment résumerais-tu la lutte?

C’est un sport qui est extrêmement demandant physiquement, mais aussi émotionnellement. Ce n’est pas juste un combat physique, c’est aussi un combat mental. Je dirais que c’est moins agressif que ce que les gens pensent, c’est sûr que ça reste un combat, mais ça exige du « timing », de la technique et du calme mental.

Qu’est-ce que tu aimes faire dans tes temps libres pour décrocher ou te détendre?

J’aime beaucoup lire! Mais ce que je préfère, c’est passer du temps à mon chalet avec ma famille et mes amis. Profiter du grand air et être bien entourée, c’est ce que j’aime le plus.

Tu étudies en Relations humaines à Concordia. Quel métier aimerais-tu faire après ta carrière sportive?

Je ne suis pas encore certaine à 100% de ce que je veux faire. C’est pour cette raison que je me dirige vers le marketing, car ça peut ouvrir beaucoup de portes. J’aimerais bien rester dans le milieu du sport pour pouvoir travailler avec les athlètes.

Quel est le plus gros défi pour une étudiante-athlète à l’université, en comparaison avec le Cégep?

Au cégep, j’étais vraiment encadrée. Trois de mes entraîneurs étaient des professeurs à Vanier donc j’avais toujours accès à l’un d’eux. J’avais aussi les mêmes cours qu’une de mes coéquipières alors on restait très bien organisées, on faisait nos travaux ensemble et l’on se motivait. À l’université, je suis beaucoup plus seule et je fais mes entraînements individuellement donc je dois admettre que la transition a été assez difficile pour moi. Mais ce que j’essaie de faire est de me coordonner avec mes amis et faire mes entraînements avec eux, même si nous n’avons pas les mêmes horaires. J’aime beaucoup l’université, je trouve que j’ai plus de liberté même si c’est plus difficile que le cégep! Quand la routine est bien établie, après ça va bien. J’adore les cours auxquels je suis inscrite en ce moment!

Lorsque tu pars en compétitions, comment parviens-tu à t’organiser au niveau scolaire? As-tu des trucs?

Je vais voir mes professeurs au début de chaque session pour leur expliquer que je suis en sport-études. Quand je suis présente en classe, je participe, je rends toujours mes travaux à temps, je suis ponctuelle et je suis attentive donc je crois que ça leur prouve que je suis organisée et sérieuse. Après, quand je m’absente, ils sont compréhensifs. Je ne leur donne pas de raison de ne pas me soutenir dans ma carrière sportive.

Une de tes entraîneurs, Martine Dugrenier joue également un rôle de mentor pour toi. De quelle façon est-ce qu’elle t’aide en tant qu’athlète et étudiante?

Je n’ai même pas de mots pour dire à quel point c’est exceptionnel d’avoir Martine Dugrenier comme entraîneur. Elle a eu une carrière phénoménale en lutte et je peux juste espérer avoir des résultats semblables un jour. C’est un peu fou de dire que j’aspire à avoir les mêmes résultats qu’elle, mais ce sont mes objectifs. Martine Dugrenier était formidable comme athlète, mais elle l’est aussi comme coach, c’est facile lui parler. Quand j’ai des problèmes ou un manque de motivation, elle prend de son temps pour aller déjeuner ou prendre un café avec moi pour parler. Elle est toujours prête à me donner des conseils et à m’aider à corriger mes erreurs puis, elle me félicite quand j’offre de belles performances. Elle a une place très importante dans mon cœur.

En juin dernier, lors de notre tournoi de golf annuel, tu as été récipiendaire d’une bourse de persévérance de la Fondation Sport-Études. Qu’est-ce que ça signifie pour toi de recevoir une telle reconnaissance?

C’est très spécial de recevoir une telle bourse. C’était une belle occasion de célébrer et de rencontrer d’autres étudiants-athlètes qui vivent la même chose que moi. De voir les gens de l’Alliance Sport-Études et de rencontrer les personnes qui ramassent cet argent pour nous, c’est vraiment exceptionnel. Pour moi, recevoir cette bourse cette année était encore plus marquant parce que je fais du bénévolat au tournoi de golf depuis ma première année à l’Alliance Sport-Études, et j’ai toujours espéré avoir d’aussi bons résultats académiques et sportifs que les boursiers.  Recevoir cette reconnaissance m’a fait réaliser à quel point j’ai évolué en 5 ans. Comme athlète, comme étudiante, mais aussi comme personne, et ça m’a rendu très fière.

Voir cette publication sur Instagram

Je voudrais prendre le temps de dire un gros merci à l’alliance sport études de m’avoir sélectionnée comme lauréate d’une bourse « persévérance ». Ce fut un honneur d’être choisie parmi un groupe d’étudiant athlète aussi impressionnant que le groupe de jeudi dernier (beaucoup d’olympien parmi nous). De plus, j’ai eu l’honneur de recevoir cette bourse au tournoi de golf, là où je fais du bénévolat depuis les 4 derniers tournois. Ça me touche particulièrement car cela me replonge dans les souvenirs des 3 dernières années. A mon premier bénévolat pour l’alliance, j’avais 17ans je venais tout juste de terminer ma première année de cégep mais aussi ma première année comme étudiante athlète sport-études (je faisais de la lutte depuis 2 ans). Je me souviens d’avoir été sous le choc de voir tout ce que l’alliances et les commanditaires faisaient (et font encore!) pour nous les étudiants athlètes. La chose qui m’avait le plus impressionné cependant était les résultats sportifs et académiques des lauréats des bourses de cette soirée-là. Je me souviens d’avoir écouté les présentations de chaque athlète et d’avoir pensé qu’un jour « j’espérais être rendue à ce niveau de performance dans mon sport à moi » (à ce moment je n’étais pas classée au niveau canadien). De plus, les soirées remises des bourses sont tellement plaisantes car elles te donnent la chance de rencontrer pleins d’étudiants athlètes qui vivent les mêmes choses que toi au quotidien et à chaque année je reste surprise de la gentillesse de tous les gens avec qui j’ai la chance de discuter. Depuis les 4 derniers tournois de golf j’ai eu la chance de rencontrer pleins de gens intéressants, qui m’ont aidé directement et indirectement à devenir une meilleure athlète, étudiante et personne. Jeudi dernier a vraiment mis les trois dernières années de ma vie en perspectives, j’ai réalisé les progrès que j’ai fait dans tous les sphères de ma vie. Que ce soit aux niveaux des études, du sport ou même de prendre les devants pour aller parler aux gens. C’est rare que je prenne le temps de réfléchir et d’apprécier mes résultats sportifs et académiques car je suis toujours en train de vouloir aller plus loin et de devenir

Une publication partagée par Laurence Beauregard (@laurencebeauregard) le

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison?

Avoir des résultats constants. J’aimerais gagner les championnats canadiens universitaires et les championnats canadiens seniors. Commencer ma transition vers une catégorie de poids olympique est aussi quelque chose que j’aimerais beaucoup réaliser cette année mais, je concentre surtout mes énergies pour avoir une place sur l’équipe nationale U23. Et ultimement, mon but serait de faire partie de l’équipe nationale senior.