L’entraîneur au cœur de la réalité de l’étudiant-athlète | Alliance Sport-Études

Anne-Sophie Bérubé se souvient très bien d’un moment particulier survenu en compétition il y a quelques années. Rongée par le stress, la patineuse artistique avait peu de confiance en elle avant de sauter sur la glace. Ce sont les bons mots de son entraîneure Virginie Pouliot-Roberge qui l’ont finalement calmée. L’athlète qui entre au cégep cet automne ne cache pas le rôle immense que joue sa mentore dans son double cheminement d’étudiante-athlète.

« Je ne me sentais pas dans la bonne catégorie et je n’étais pas trop sûre de moi. Mon stress était dur à gérer », se rappelle celle qui patine maintenant chez les juniors. « Elle m’a donné de bons conseils. Elle est vraiment bonne par rapport au mental et m’aide beaucoup. »

Son entraîneure n’était pas destinée à gagner sa vie en patinage artistique. Mais même après des études en comptabilité, elle n’a jamais cessé de suivre et d’aider les jeunes athlètes, en plus de vouloir s’impliquer dans son sport. Cela fait maintenant huit ans qu’elle suit les progrès d’Anne-Sophie Bérubé.

« Il faut voir si on peut optimiser le temps d’entraînement pour ne pas nuire aux études et pour ne pas être trop fatigué. Pour chaque athlète, c’est différent », assure Mme Pouliot-Roberge, qui demeure à leur écoute, tout en sachant jongler avec les entraînements, les études et autres compétitions.

« Virginie m’encourage à avoir de bonnes notes. Elle me demande souvent As-tu fait tous tes devoirs ? Elle s’assure que les études passent un peu avant le sport pour que j’aie un avenir devant moi », explique Anne-Sophie Bérubé, qui étudie en sciences humaines au Cégep de Lévis.

Un étudiant-athlète peut ainsi compter sur le soutien constant de son entraîneur. Celui-ci peut superviser l’entraînement tout en prenant soin des autres aspects de la vie des jeunes.

« C’est quelqu’un qui pense à toi et qui est là pour toi. Il a aussi un rôle de supporteur. Il veut s’assurer que je vais bien et si je ne vais pas bien, qu’est-ce qu’on peut faire », souligne le fondeur Jules Saint-Jean, qui vit également sa rentrée au Cégep de Sherbrooke. Il sait qu’il peut se tourner en tout temps vers Gilles Lefebvre, son entraîneur depuis plus de quatre ans.

Un environnement gagnant

La judoka Sara Desbiens souligne le travail de son entraîneure Bianca Ockedahl. Avec une attitude plus décontractée, cette dernière a su garder ses athlètes motivés, à distance, pendant le confinement.

« Elle aime bien nous faire rire. Même si c’est le temps d’être sérieux, elle a toujours une façon de détendre l’atmosphère, malgré le stress », assure celle qui amorce sa deuxième année en techniques de physiothérapie au Cégep de Chicoutimi.

Bianca Ockedahl, une ancienne judoka de l’équipe nationale, a toujours eu à cœur de garder les athlètes inspirés. Elle juge important de conserver un équilibre entre la santé mentale et la santé physique.

« Oui, il faut garder un côté compétitif, mais il faut avoir du plaisir en tout temps. C’est pourquoi on fait notre sport », dit celle qui n’hésite pas à ajouter un côté ludique aux entraînements.

Et alors que les séances avec affrontements reprennent depuis peu en judo, il a été important de maintenir ses élèves actifs depuis l’hiver dernier, même si c’était via visioconférence. Pour y arriver, elle a même encouragé des étudiants-athlètes à réaliser des projets qui allaient au-delà du cadre sportif.

« Quand quelqu’un est motivé, il veut en faire plus. L’école est aussi importante que le sport et j’essaie d’expliquer que ce qui arrive et ce qui est ressenti dans le sport, ça se passe dans la vie aussi. Les leçons apprises dans le sport s’appliquent aussi à l’école et dans les relations interpersonnelles. »

Savoir se renouveler

Ainsi, le travail d’entraîneur consiste à créer l’environnement idéal pour permettre à un athlète d’exceller. Lorsque Jules Saint-Jean parle de Gilles Lefebvre, il ne manque pas de souligner qu’il ne s’ennuie jamais à l’entraînement.

« Il amène tout le temps de nouvelles choses. J’ai rarement fait deux fois le même entraînement », indique le fondeur qui étudie en sciences de la nature, profil santé. « Je pense qu’il est un des facteurs déterminants pourquoi ma progression est aussi bonne. »

Son entraîneur du club de ski de fond Orford assure que le programme sport-études est l’idéal pour encadrer les athlètes, dès la 1re secondaire, vers les niveaux les plus élevés.

« Il ne faut pas avoir d’attentes et être patient. C’est fou à quel point on peut être surpris des fois avec un athlète qu’on va coacher et qui va développer des qualités auxquelles on n’aurait pas pensé. Il ne faut pas se donner de limites », souligne Gilles Lefebvre.

« Ce que j’ai appris, c’est que tu coaches des humains et il n’y en a pas un pareil. Il faut être capable d’individualiser l’entraînement, d’aller chercher les moments où l’athlète est capable d’optimiser son entraînement et de travailler sur ses faiblesses, explique-t-il. Et avec le sport-études, on a beaucoup plus de temps avec chaque athlète, plus de temps pour d’autres facettes comme la nutrition, la préparation psychologique, les stratégies, l’analyse de la fatigue. »

Les camps d’entraînement permettent également de réunir les athlètes dans un esprit d’équipe qui demeure très important, même dans une discipline individuelle.

Une passion à transmettre

Virginie Pouliot-Roberge a toujours voulu rendre ses athlètes le plus autonomes possible en leur faisant comprendre chaque consigne donnée. Anne-Sophie admire tout ce travail et pourrait elle-même redonner aux jeunes patineurs à son tour puisqu’elle a commencé son cours pour devenir entraîneure.

« Elle est beaucoup engagée auprès des clubs et dans la région. Elle a tellement de passion pour ça que c’est l’fun qu’elle puisse nous la transmettre », affirme Anne-Sophie Bérubé, qui juge que ce n’est pas tout le monde qui peut en faire autant.

Un entraîneur peut servir de modèle dans son sport et au-delà. Les étudiants-athlètes ne les oublieront pas et pourront toujours s’en inspirer dans leurs projets futurs.

Texte rédigé par Mathieu Dauphinais de Sportcom