Les répondants sport-études, ressources essentielles pour les étudiants-athlètes | Alliance Sport-Études

Un entraîneur et un enseignant peuvent jouer un rôle de mentor pour un étudiant-athlète, tout comme son répondant sport-études. En arrière-scène, cette personne essentielle permet de conjuguer le sport et les études collégiales, une tâche qui peut parfois ressembler à un grand casse-tête.

« Sans lui, je n’aurais probablement pas continué mon sport. Je lui en dois énormément », témoigne Charles-Philip Lecavalier, un nageur qui a fait ses études au Collège André-Grasset. Il parle ainsi du travail de Martin Beauregard.

Aménager des horaires en fonction des compétitions et des entraînements, s’assurer que l’étudiant-athlète suive ses cours dans leur entièreté sans pénalité, tout est mis en place pour qu’un jeune puisse progresser dans son sport tout en complétant le programme d’études qu’il choisit.

« C’est un dossier chouchou. C’est moi qui ai demandé à être le répondant de nos étudiants-athlètes », souligne M. Beauregard, directeur adjoint des études. « Le plus gratifiant, c’est de voir leur évolution. […] Au secondaire et au collégial, le sport-études, c’est vraiment deux réalités différentes. On les voit s’organiser, prendre de bonnes décisions et réussir. »

Cet éducateur physique qui a également été entraîneur souligne être impressionné de voir des étudiants afficher des résultats scolaires exceptionnels, tout en s’entraînant une vingtaine d’heures par semaine. Il a aussi vu des étudiants avoir des difficultés lors de la première année devenir ensuite des modèles à la fin de leur parcours.

Redonner aux athlètes

Dominique Bilodeau a elle-même fait partie de l’Alliance Sport-Études en tant qu’étudiante-athlète. Sa relation avec son répondant lorsqu’elle était étudiante au Collège de Sherbrooke tout en excellant au lancer du javelot l’a convaincue de poursuivre ses études en orientation et en information scolaire.

« Cette personne m’a beaucoup aidée et a été très marquante. J’ai eu envie de faire la même profession qu’elle pour redonner », explique celle qui exerce maintenant les fonctions d’aide pédagogique individuelle (API) au Cégep de l’Outaouais.

Encore aujourd’hui, Dominique Bilodeau demeure près de l’action sur le terrain et assiste à l’occasion à des compétitions de ses étudiants-athlètes avec ses enfants.

« Dominique a été très bonne pour m’expliquer le fonctionnement de mon parcours et ç’a été très rassurant », assure la patineuse de vitesse sur courte piste Émilie Forget, soulignant au passage l’harmonie entre ses horaires d’études et de sport.

Amener l’étudiant-athlète vers le podium…et le DEC

« Le répondant peut être un bon mentor pour cette clientèle qui peut souvent être partagée entre deux mondes tout aussi importants pour eux. L’un ne va pas sans l’autre », explique Dominique Bilodeau, qui voit les répondants remplir un rôle de « coach pédagogique ».

Ainsi, la médaille d’or pour le répondant est de voir l’étudiant-athlète obtenir son diplôme d’études collégiales.

Pour Sylvain Lafrance, API au Cégep Garneau, le plus important est d’être à l’écoute des besoins des étudiants-athlètes, qui ont souvent plus d’embûches à surmonter à travers les rouages des études collégiales vers un diplôme.

« Il faut voir les sphères de leur vie dans lesquelles ils sont impliqués, indique-t-il. Dans le sport-études, il faut tenir compte du nombre d’heures d’entraînement par semaine, des compétitions. Il faut être capable de comprendre et de considérer la situation de l’athlète. »

Loin des salles de classe

Bien qu’elle n’ait pas d’horaires de cours à adapter, Dominique Dubuc assure un suivi individuel du cheminement des étudiants-athlètes de différentes disciplines, dont les joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Parmi ces athlètes, certains s’entraînent à l’extérieur du Québec, parfois même jusqu’en Europe. Elle demeure disponible pour répondre à toutes questions.

« Je sens toujours que l’étudiant est reconnaissant de ce que l’on fait. C’est une clientèle que j’apprécie énormément. J’aime pouvoir sentir que je peux les guider à combiner les études et le sport », dit Mme Dubuc, API au Cégep à distance. Si elle est heureuse de pouvoir les aider dans leur cheminement, elle assure que ce sont eux qui font le travail.

« Ce sont des personnes comme Mme Dubuc dont notre système scolaire a besoin », mentionne la skieuse acrobatique Justine Ally, qui étudie via le Cégep à distance.


Les répondants de l’Alliance Sport-Études s’appuient sur un réseau solide au cœur duquel ils peuvent communiquer et partager leurs bons coups, des façons de faire pour que toute la communauté puisse en bénéficier, pour le bien des étudiants-athlètes.

« On a la chance de laisser une trace dans la vie des étudiants. En tant qu’athlète, j’ai pu laisser des traces sur papier avec des résultats, des photos, mais là je peux laisser une trace plus significative », conclut Dominique Bilodeau.

Texte de Mathieu Dauphinais de Sportcom pour l’Alliance Sport-Études