Mathieu Ionescoux-Tremblay: un athlète inspirant | Alliance Sport-Études

Nom : Mathieu Ionescoux-Tremblay
Âge : 19
Sport: Natation
Lieu d’entraînement : Complexe sportif Claude-Robillard à Montréal
Établissement scolaire : Collège Ahuntsic
Programme d’études : Graphisme
Meilleur résultat en carrière : 51.50 au 100m libre (bassin de 50m)

 

Qu’est-ce qui t’a mené vers la natation et quand as-tu réalisé que tu voulais pratiquer ce sport à un haut niveau?

Pendant mon primaire et jusqu’à ma première année du secondaire, mes parents m’ont fait essayer plusieurs sports et activités, dont la gymnastique, le golf, le soccer, le tennis, la danse, la guitare et finalement la natation.  La natation était le sport que j’aimais le plus, la seule activité que je voulais continuer à pratiquer.

La deuxième partie de cette question est plus floue. Depuis que j’ai commencé à nager, le jeune moi disait qu’il rêvait d’aller aux Jeux olympiques. En natation? Je ne savais pas. Étais-je sérieux? Ça m’étonnerait, puisque j’étais très jeune. Vers le milieu de mon secondaire, j’avais déjà plusieurs années d’expérience en natation, mais je ne m’étais jamais demandé si la natation pourrait être une carrière sérieuse dans ma vie. Je continuais à nager parce que j’adorais ça et j’adorais aussi les émotions que ce sport me faisait vivre. Jusqu’à ma première année du cégep, je n’avais jamais réalisé jusqu’à quel niveau je voulais nager.

Mais un chapitre sombre de ma vie m’a fait réaliser à quel point j’adore ce sport. C’est lorsque je me suis retourné pour observer les obstacles que j’ai traversés que je voulais me dépasser plus que jamais. C’est après ce chapitre que j’ai réalisé que je voulais continuer à nager pour me rendre le plus loin possible. Que le rêve du jeune moi, d’aller aux Jeux olympiques, est toujours ce dont je rêve. C’est aussi grâce à ce chapitre que je suis maintenant une personne forte et motivée. Je remercie énormément mon coach d’avoir été là pour moi durant cette période extrêmement difficile.

 

Quelle est ton épreuve favorite en natation? Pourquoi?

Mon épreuve préférée est le 200m quatre nages. Tout d’abord, je pense que c’est l’épreuve la plus intéressante pour un spectateur. Beaucoup de tension se crée puisque les nageurs sont tous spécialisés dans un style différent, faisant en sorte que les positions des nageurs changent lorsqu’ils passent d’un style de nage à un autre. On ne sait pas souvent à quoi s’attendre et il est encore plus difficile de prédire le gagnant avant d’arriver au dernier quart de la course. C’est aussi parce que j’aime nager les quatre styles de nage que cette épreuve forme le parfait ensemble pour moi.

 

Que trouves-tu le plus exigeant dans ton sport? Comment parviens-tu à surmonter cette difficulté?

Je ne réussis pas à identifier ce qui est le plus exigeant spécifiquement dans mon sport. À mon avis, tous les sports demandent autant de travail. Donc je vais répondre avec ce que je pense être le plus exigeant dans le sport de haut niveau, chez un étudiant-athlète.

La natation, comme tout sport de haut niveau, est très exigeant au niveau de la charge de travail. Évidemment, pas tous les enfants, adolescents et adultes ont la capacité de s’entrainer au minimum 20 heures/semaine, en plus d’aller à l’école, de travailler et de compléter ses devoirs pour l’école. Avec tout ça vient la vie sociale, la vie familiale et la santé mentale ou physique. Équilibrer tout cela n’est pas évident pour quelqu’un qui cherche à franchir ses objectifs de carrière professionnelle. C’est généralement pourquoi beaucoup d’athlètes abandonnent leur sport… Rester motivé pour accepter toute cette charge de travail est une épreuve très difficile.

La réussite ou l’échec est aussi un facteur important chez la motivation d’un athlète. Un athlète qui réussit à une certaine compétition aura généralement plus de motivation à vouloir continuer à travailler fort. Tandis qu’un athlète qui vient de vivre un échec aura plus de difficulté à trouver la même motivation. Mais à mon avis, les meilleurs athlètes sont ceux qui trouvent de la motivation à travailler plus fort, même après avoir vécu un échec. Comme dirait Guy Dorion, du club de natation Hippocampe, « le succès appartient aux plus déterminés. »

Bien que la charge de travail soit très exigeante, pour moi, le travail mental est le plus difficile. S’entrainer pour les Olympiques est facile. Ce qui est difficile, est de croire qu’on peut y arriver. Dans mon cas, la confiance en soi face à la compétition a toujours été une faiblesse. C’est la raison pour laquelle il m’arrive d’échouer une épreuve. Lorsque j’étais contre d’autres nageurs de mon niveau, le stress l’emportait souvent sur moi. Regarder d’autres nageurs et penser qu’ils sont meilleurs alors qu’ils sont de mon niveau était souvent la pensée qui traversait ma tête. C’est pour cela que j’ai commencé à me concentrer sur ma psychologie, ma confiance.

Je parviens maintenant à surmonter cette difficulté. Grâce à mon entraîneur, j’apprends de plus en plus à trouver la confiance en moi et je crois de plus en plus à mon succès dans la natation. Je continue à croire que je peux arriver aux Jeux olympiques et je dois continuer à y croire.

 

Quel résultat sportif te rend le plus fier et pourquoi?

Je crois que l’épreuve qui m’a rendu le plus fier dans ma carrière de natation jusqu’à maintenant était en novembre 2018, en Ontario. C’était à une compétition internationale lors de laquelle j’ai eu ma première médaille individuelle. Mes résultats à cette compétition m’ont donné des larmes puisque c’était ma première excellente compétition après être revenu d’une période extrêmement difficile de ma vie. C’était aussi très touchant de voir mon entraineur encore plus émotionnel que moi à ce moment. Les résultats de cette compétition m’ont prouvé que ma carrière dans la natation n’était pas finie.

 

Quel athlète (tous sports confondus) t’inspire le plus et pourquoi?

On m’a souvent posé cette question et bien que cela peut sonner étrange pour certains, les athlètes qui m’inspirent le plus en ce moment se trouvent dans mon équipe de natation car il est plus facile de m’attacher à ceux qui m’entourent, ceux que je côtoie à tous les jours. Je ne pourrais jamais autant connaitre les obstacles qu’un athlète champion mondial a traversés comme je connais ceux de mes coéquipiers. Ça m’inspire profondément de voir des athlètes de mon club donner plus d’efforts que ce qui est demandé, de franchir des épreuves uniques et de les voir heureux.

 

Tu étudies en graphisme au Collège Ahuntsic. Quel métier aimerais-tu faire après ta carrière sportive?

Après toutes ces années, je ne connais toujours pas la réponse. J’ai récemment trouvé quelques idées pour ma future carrière, mais c’est un sujet encore flou. Pour le moment, je prévois changer de programme et aller à l’université pour étudier en entreprenariat, grâce à une bourse d’études. Après l’obtention de mon bac dans ce programme, je voudrais continuer mes études en cinéma. Cela m’a pris du temps avant de réaliser que le cinéma est une passion profonde dans mon cœur. Mais je ne regrette pas d’avoir pris mon temps.

 

Quelles sont les stratégies que tu utilises pour concilier ton sport et tes études? Quel conseil donnerais-tu à un étudiant-athlète qui fait son entrée au cégep?

Mon conseil premier à l’étudiant-athlète est de se construire un horaire efficace et bien organisé pour sa session : écrire l’horaire de son sport, de son école et des meilleurs moments pour compléter ses études/devoirs hors cours. Il est important d’avoir un horaire qu’il ou elle pense pouvoir respecter facilement.

Mon deuxième conseil est de ne pas prendre trop de cours pour sa première session (le nombre de cours peut dépendre de chaque personne et sport). Je suggère aux nouveaux étudiants-athlètes de prendre leur temps pour s’habituer à leur nouvel horaire scolaire et aux nouvelles charges de travail.

 

Tu prendras possession du compte Instagram de l’Alliance Sport-Études le 22 novembre. Que comptes-tu nous faire découvrir?

Mon but premier est de faire connaitre mon sport. Je vais faire de mon mieux pour montrer aux abonnés chaque pas de ma journée, du matin au soir. Ils et elles pourront voir l’horaire d’un nageur professionnel, mais aussi l’ensemble de la charge de travail d’un étudiant-athlète. Je pense aussi que ce Takeover pourrait être intéressant pas seulement pour les athlètes, mais aussi pour les étudiants qui ne pratiquent pas de sport. Je pense qu’une journée chez moi pourra réussir à inspirer d’autres étudiants, sportifs ou pas, dans les efforts qu’ils appliquent chez eux.