Raphaëlle Tousignant étudiante-athlète en parahockey | Alliance Sport-Études

Nom : Raphaëlle Tousignant
Âge : 18 ans
Résidente de : Terrebonne
Sport : Parahockey
Lieu d’entraînement : Aréna Howie-Morenz à Montréal
Établissement scolaire : Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne
Programme d’études : Arts, lettres et communication, option médias

Raphaëlle Tousignant est une pionnière de son sport. En 2019, elle est devenue la première Québécoise à être invitée à un camp préparatoire de l’équipe nationale masculine de développement. Après avoir été sélectionnée, elle a participé à une série de matchs contre la formation de développement des États-Unis. Christina Picton, capitaine de l’équipe nationale féminine, et elle ont été les premières femmes de l’histoire à faire partie de cette équipe.

De plus, au sein de l’équipe du Québec, elle a été la première athlète féminine de la province à participer au Championnat canadien. L’attaquante de Terrebonne fait également partie de l’équipe nationale féminine de parahockey pour une cinquième année et rêve de participer aux Jeux paralympiques.

Si elle n’a pas joué de match durant la dernière année, elle a tout de même pu poursuivre son entraînement sur glace avec des joueurs de l’équipe nationale du Canada. Rencontre avec une athlète déterminée.

Quand as-tu su que tu avais un talent particulier dans cette discipline ?

Dans les premiers camps d’entraînement, je ne parlais pas anglais et j’étais placée avec des filles anglophones. J’appelais ma mère et je braillais au téléphone, je disais que je ne voulais plus faire ça. Je pleurais avant tous mes camps. Mais quand je suis allée à mon deuxième Championnat du monde, à 15 ans, j’ai parlé avec la psychologue de l’équipe et elle m’a vraiment ouvert l’esprit et a changé ma mentalité. Dans les premiers matchs, c’était la première fois que je voyais que j’avais un impact sur l’équipe. J’avais fait un grand cheminement.

Quelles sont tes forces, ce qui te décrit le mieux sur la glace ?

On me dit souvent que je n’ai pas peur de jouer physique. Je joue avec les gars, alors je ne dois pas avoir peur. Sinon, j’aurais arrêté. Mais même si tu fais quatre fois ma grosseur, je suis quelqu’un qui va tout le temps aller chercher le puck. À un contre un dans le fond de la zone, je vais trouver le moyen de sortir avec la rondelle. Avec les filles, ma rapidité est aussi un de mes atouts.

Qu’aimes-tu le plus de ce sport ?

Au-delà du sport, le parahockey m’a apporté énormément de choses. C’est le seul endroit où tu peux être toi-même à 100 %. Tu ne te feras pas juger, tu ne te feras pas regarder parce qu’il te manque une jambe. Oui, au début, on se pose tous des questions pour connaître nos histoires, mais on pose ces questions parce qu’on sait qu’on peut apporter quelque chose à la personne. Alors ce que j’aime le plus du sport, c’est d’avoir créé une espèce de bulle familiale. Quand j’ai une question, une insécurité, il y aura toujours un coéquipier ou une coéquipière qui aura une réponse pour moi. Que ce soit positif ou négatif, on pourra tout le temps en jaser et pouvoir grandir de ça. 

De quel match es-tu la plus fière ?

La série de matchs qui m’a le plus marquée, c’est avec l’équipe nationale féminine contre les États-Unis au Minnesota à la fin de 2018. Plusieurs de nos meilleures joueuses étaient blessées. Je croyais que nous n’avions aucune chance de gagner. Nous n’avions jamais pratiqué avec les remplaçantes et elles ne connaissaient pas notre système de jeu.

Mais je ne sais pas ce qui est arrivé. Quelque chose s’est passé et nous avons gagné. Personnellement, ç’a été une de mes meilleures séries. Quand j’ai réalisé qu’on avait une chance, quelque chose est né en moi et ça a paru sur la glace.

Même quand ça va moins bien, on peut obtenir le même résultat que quand nous sommes préparés depuis des mois.

Quelle est une semaine typique pour toi ce printemps ?

Je vais à l’école, je travaille de 25 à 30 heures par semaine et le mercredi, je passe ma journée entière à l’aréna. Je m’entraîne aussi à la maison de quatre à six fois par semaine.

Quelles sont tes stratégies pour réussir ton double cheminement ?

Une bonne organisation est la clé. Si on ne peut orchestrer tout ce qu’on a dans la vie, c’est là que ça pose problème. Je me fais beaucoup de listes de choses à faire et dans mon agenda, tout ce que j’ai à faire est détaillé. Je me garde des périodes de temps pour tout, que ce soit pour l’entraînement, l’école, le travail, même pour écouter la télé. C’est vraiment un équilibre. Je travaille beaucoup, mais c’est vraiment important de prendre du temps pour soi, pour décompresser.

Quels sont tes objectifs professionnels ?

J’ai décidé d’aller en enseignement au primaire. Je voulais avoir un réel impact sur les gens. J’aimerais que ce que j’apporte puisse aider les prochaines générations et le futur. Je pense que d’avoir une enseignante qui est différente puisse aider les enfants à grandir et à être plus ouverts d’esprit. Je vais autant en apprendre d’eux qu’ils vont en apprendre de moi.

Qu’est-ce qui décrit le mieux ta personnalité ?

Je suis déterminée. Même si tu me dis non une fois, je vais mûrir ta réponse et je vais trouver une autre façon.

Qu’est-ce que tu aimerais partager lors de l’Instagram Takeover ?

Je pense montrer ce qu’il y a au-delà de mon handicap. Je reviens souvent à ça, mais je trouve qu’aujourd’hui encore on s’attarde beaucoup au handicap, à la différence. Mais je veux repousser ça parce qu’avant tout, je me définis en tant qu’athlète. Je veux montrer que même si j’ai un handicap, je suis une vraie athlète. Je m’entraîne énormément, je fais des sacrifices. Je veux mettre ça de l’avant pour que ça change la mentalité des gens envers les parasports. Nous voulons être des athlètes avant d’être des para-athlètes.