Simone Boilard, cycliste au futur prometteur | Alliance Sport-Études

Nom : Simone Boilard
Âge : 18
Sport : Cyclisme sur route
Lieu d’entraînement : Mon sport fait en sorte que je suis un peu nomade. Mon lieu d’entrainement dépend souvent de ma prochaine compétition, du type de parcours que je recherche ou de l’altitude. La plupart de temps, l’hiver, je m’entraine sur les routes de Tucson en Arizona. Lorsque je suis à la maison, je m’entraine au Vélo Concept et à la salle de performance du PEPS.
Établissement scolaire : Cégep à distance
Programme d’études : Sciences humaines
Meilleur résultat en carrière : 3e position aux Championnats du monde à Innsbruck en 2018

 

Qu’est-ce qui t’a menée vers le cyclisme et quand as-tu réalisé que tu voulais

pratiquer ce sport à un niveau professionnel?

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours fait de la compétition. J’ai commencé vers l’âge de 3 ou 4 ans et je n’ai jamais perdu la piqûre depuis. J’ai pratiqué aussi plusieurs autres sports comme le ski de fond, le cross-country, le soccer et le plongeon, mais aucun ne me faisait vibrer autant que le vélo. Depuis que je suis toute petite, lorsque je suis sur mon vélo, je me sens dans mon élément. Je dirais que je rêve d’être professionnelle depuis que j’ai appris à pédaler… 

À quoi ressemble une semaine typique d’une cycliste de haute performance comme toi?

Une semaine dans ma vie, c’est très chargé, mais ça passe très vite et c’est tout sauf ennuyant! En période d’entrainement, je passe de deux à cinq heures, 6 jours sur 7, sur mon vélo ou en conditionnement physique et je fais des devoirs en après-midi. Lorsque je sens que mon cerveau est assez rempli pour la journée, je fais ma séance de mobilité du jour avant de souper. J’essaie de me garder un petit moment pour moi avant le dodo pour faire des choses que j’aime et qui me détendent (comme lire, écrire mon journal, écouter une émission). Une journée par semaine, je suis en repos et j’en profite pour avoir un matin plus relax avant ma période de devoirs. Durant cette journée, j’aime prendre mon vélo et aller faire une petite sortie d’environ une heure très facile, de type balade, pour me rendre au café de la place et savourer un bon americano. En période de compétitions, mes entrainements en semaine sont plus relaxes. J’en profite donc pour faire plus de devoirs. Ça me change les idées et ça m’empêche de trop penser à la

course.

Comment décrirais-tu à un néophyte les différentes épreuves du cyclisme sur route?

En cyclisme sur route, il y a trois différentes épreuves. D’abord, l’épreuve la plus classique, la « course sur route » consiste à devoir parcourir une distance, du point A au point B, se situant normalement entre environ 85 et 140 km, le plus rapidement possible. C’est celui ou celle qui franchit la ligne d’arrivée en premier qui l’emporte. Comme c’est un départ de groupe et que parfois, on peut être un peloton de plus de 100 personnes, cette course nécessite beaucoup de stratégie, il faut savoir sauver son énergie au bon moment et placer ses pions aux endroits clés. Parfois, la course sur route est un circuit routier, où l’on fait de longs tours à quelques répétitions. Ensuite, il y a le « contre-la-montre » qui est une épreuve individuelle. Chaque coureur part seul et il y a un intervalle de 30 secondes ou de 1 minute entre les compétiteurs. Chaque performance est chronométrée et le vainqueur est celui qui réalise le parcours le plus rapidement. Ce type de compétition est beaucoup plus court, entre 7 et 25 km. Dans cette épreuve, l’aérodynamisme est la clé du succès, c’est pourquoi on utilise un vélo spécial, avec un cadre plus profilé, des extensions sur le guidon et des roues pleines pour mieux fendre l’air. Finalement, le « critérium » est une course où l’on doit parcourir des tours très courts, d’environ 1 km, pendant environ 1 heure. Comme le tour est plus court, les virages sont répétés plus souvent et plus rapidement. C’est une épreuve très courte qui se déroule à pleins gaz et souvent la préférée du public. Les risques de chutes sont plus élevés.

Tu es étudiante en sciences humaines au Cégep à distance, quel métier aimerais-tu faire après ta carrière sportive?

Depuis que je suis toute jeune, j’ai toujours voulu devenir enseignante. Toutefois, en vieillissant, mes champs d’intérêt s’élargissent et je m’intéresse au domaine des communications. Je n’ai donc pas de plan concret en tête, seulement des idées, mais je prends un grand plaisir à laisser ma curiosité aller en me laissant toutes les portes ouvertes et en m’intéressant à ce qui m’entoure.

Quel est le plus gros défi pour une étudiante-athlète qui voyage beaucoup et qui étudie à distance?

Je dirais que parfois c’est très difficile de trouver la motivation. Lorsqu’on voyage beaucoup, on est en quelque sorte seule en charge de son éducation. Sans professeur, c’est très facile de déroger de ses devoirs pour faire autre chose. Toutefois, je suis une personne très autodisciplinée. Je m’auto fixe un plan de match avec des objectifs et des dates de remises précis pour garder le rythme. J’essaie de toujours appliquer la même routine entrainement/devoirs/mobilité/dodo peu importe où je suis. Même pendant les journées de voyagement ou de compétition, j’essaie de toujours trouver du temps pour faire des devoirs.

Quel résultat sportif te rend la plus fière?

Le résultat sportif dont je suis la plus fière est décidément ma troisième place aux championnats du monde. Ce n’est pas la médaille qui me rend la plus fière, car en réalité, j’aurais voulu gagner. C’est plutôt tout le processus que j’ai accompli pour me rendre jusqu’à ce résultat qui me rend gagnante selon moi. Pendant plusieurs mois, toutes mes journées et mes pensées étaient canalisées en fonction de ce grand événement, ce qui m’a amené beaucoup de stress. Ce processus m’a énormément fait grandir en tant que personne. J’ai appris à transformer la pression en élément positif, j’ai amélioré mes habitudes de vie pour optimiser mes performances et j’ai compris l’importance de faire confiance au processus et à être patiente.

Quelle est l’importance de la nutrition pour une cycliste et comment vous assurez-vous de consommer ce dont votre corps a besoin pour performer?

Dans mon sport, la nutrition est un aspect très important. Lorsqu’on doit être sur notre vélo durant plusieurs heures, sur des parcours très exigeants, jour après jour, notre corps dépense tellement d’énergie que ça peut devenir très difficile de bien récupérer. Je travaille avec une nutritionniste qui m’aide à planifier mes repas et collations en fonction de mes charges d’entrainement pour être certaine que je consomme les bons aliments en bonne quantité. J’essaie donc d’optimiser mon apport calorifique, c’est-à-dire de consommer seulement des calories qui sont nutritives. Avec le temps, j’ai aussi pu développer des recettes que j’aime et qui fonctionnent bien pour moi. Je mange toujours mon «power» bol de gruau pour déjeuner. Lorsque je m’entraine, j’essaie de manger et boire au moins un bidon d’eau avec du Cytomax chaque heure. Pour me donner le goût de manger sur mon vélo, j’amène avec moi de la « vraie » nourriture, comme des barres d’avoine ou des rice-cakes que je fais moi-même, des bananes, des dattes Medjool avec de la poudre de café dedans, du pain au beurre d’amande et même parfois les crêpes de ma mère! Lorsque je finis mon entrainement, je bois mon shake magique, composé de poudre de protéine, de fruits et d’avoine. Je dîne un peu plus tard dans l’après-midi et je soupe normalement en soirée pour avoir le temps de bien digérer avant de dormir. Depuis que j’ai réalisé à quel point la nutrition peut optimiser mes performances, je prends un grand plaisir à m’intéresser à la nourriture. J’adore essayer de nouvelles recettes!

Lorsque la saison de compétitions arrive, comment parviens-tu à t’organiser au niveau scolaire? As-tu des trucs?

J’essaie de toujours recréer ma routine entrainements/devoirs/mobilité, peu importe où je suis. Souvent, les jours avant les compétitions sont moins chargés en entrainements pour optimiser la récupération. C’est souvent dans ces longs moments d’attente, avant et entre les compétitions, que je suis la plus productive au niveau devoirs, car cela me permet de me changer les idées. Toutefois, si je sais que je serai très occupée à l’avance, je prévois ma planification scolaire en fonction de ces périodes, c’est-à-dire que je redouble d’ardeur dans mes devoirs dans les semaines précédentes ou suivantes.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison?

Cette saison, l’objectif est d’apprendre. J’en suis à ma première année chez les professionnelles. Mon objectif est d’être comme une éponge et d’absorber le plus de nouvelles choses possibles. Pour la première fois de ma « carrière », je ne me fixe pas d’objectifs en termes de résultats, mais j’espère tout de même avoir l’opportunité de me démarquer à un moment donné. Je suis très heureuse d’avoir la chance de faire cette grande transition dans une équipe comme la mienne, Sho-Air Twenty20, qui croit en l’importance du développement et qui me permet de côtoyer des coéquipières d’expérience.